Montréal accueille chaque année des dizaines de milliers de nouveaux arrivants. Une question revient constamment dans les dossiers que je traite : est-ce qu'on peut acheter une propriété avec un statut d'immigration autre que citoyen ? La réponse courte est oui, dans la majorité des cas — avec des nuances importantes selon le statut.

1. Résident permanent

Un résident permanent (RP) est traité à peu près comme un citoyen canadien pour l'accès à l'hypothèque. Vous pouvez accéder à un prêt assuré (SCHL) avec une mise de fonds aussi basse que 5 %, et les critères de qualification sont les mêmes que pour un résident de longue date.

Ce qui peut varier : si vous êtes au Canada depuis moins de 2 ans, certains prêteurs examinent plus attentivement l'historique de crédit. Si vous n'avez pas encore d'historique de crédit canadien (Equifax/ TransUnion), je peux travailler avec un dossier alternatif (relevés bancaires, lettre d'employeur, historique de crédit étranger dans certains cas).

2. Travailleur étranger temporaire (permis de travail)

Un permis de travail ouvert ou fermé (LMIA ou ICT) peut permettre l'accès à l'hypothèque, mais sous conditions plus strictes :

  • Mise de fonds minimale de 10 % (certains prêteurs exigent 20 % si le permis a une courte durée résiduelle).
  • Durée résiduelle du permis : le prêteur veut s'assurer que le permis couvre au minimum la période initiale du terme hypothécaire, ou que le renouvellement est probable.
  • Historique d'emploi au Canada d'au moins 3 à 12 mois, selon le prêteur et le dossier.

3. Demandeur de statut / visiteur

Les personnes en attente de décision de statut ou en séjour temporaire sans permis de travail n'ont généralement pas accès au financement hypothécaire standard au Canada. L'hypothèque est liée à la capacité de rembourser sur le long terme, ce qui exige un statut permettant de travailler et de rester au pays.

4. La taxe sur les acheteurs étrangers : qui est concerné ?

La taxe sur les acheteurs étrangers (15 % en Ontario, variable selon province) ne s'applique pas au Québec de la même façon. Les résidents permanents et les travailleurs avec permis valide sont généralement exemptés des restrictions fédérales sur l'achat de propriétés résidentielles (Loi sur l'interdiction d'achat d'immeubles résidentiels par des non-Canadiens, 2023 — qui a d'ailleurs été modifiée en 2024 pour réduire la portée des exemptions).

Si votre situation comporte des éléments complexes (double nationalité, propriété partagée avec un non-résident, etc.), c'est un point à clarifier au moment du montage du dossier.

5. Ce que j'analyse dans votre dossier

Mon rôle est de regarder votre situation de façon complète : statut actuel, durée résiduelle, historique de crédit, revenus (y compris si vous êtes travailleur autonome ou propriétaire d'entreprise), et objectif d'achat. Je détermine avec vous le produit le mieux adapté à la Banque Nationale du Canada et les documents à rassembler pour un dossier solide.

Le statut d'immigration n'est pas un obstacle en soi. C'est un paramètre du dossier. Avec la bonne préparation et les bons documents, l'accès à la propriété est réaliste pour la majorité des résidents permanents et pour de nombreux travailleurs étrangers établis au Québec.